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Pascal Silvestre

Rédacteur en chef

Santé

Courir ou pas courir ? Cas de conscience

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Une blessure tombe toujours au plus mauvais des moments ! C’est ce que pense Pascal Silvestre, blessé au genou gauche quelques jours seulement avant de s’envoler à San Francisco pour courir le Big Sur Marathon. Comment trancher ce cas de conscience ?

Quand faut-il se résoudre à ne pas courir plus loin ? A cette question, de nombreux runners doivent répondre un jour ou l’autre. Pour moi, c’est aujourd’hui. Maintenant. « La nature fait bien les choses », me dit le toubib (un spécialiste parisien du genou particulièrement respecté) dès mon arrivée dans son cabinet. Elle installe des garde-fous : lorsque vous en faites trop, elle dit stop. »

Stop, c’est-à-dire bobo ! La douleur est apparue dans les derniers kilomètres du Marathon de Paris. En l’espace de cinq semaines, je venais d’avaler Barcelone, Jérusalem et Paris. « Mais je croyais qu’il ne fallait pas courir plus de deux marathons par an ? », me souffle alors le médecin avec une mine horripilante. « Ben oui, c’est vrai, dis-je en baissant les yeux. Mais j’allais bien. Dix ans que je fonctionne comme ça. »

Le problème avec les blessures, c’est qu’elles ne préviennent pas. Ou, plus exactement, que les signes d’appel sont difficilement déchiffrables. On se sent bien et la minute d’après on ne se sent plus bien du tout… Et là, forcement, il ne faut pas tergiverser.

Quelques jours après Paris, constatant que la douleur n’était pas de celles qui suivent généralement les marathons, j’ai sprinté aussi vite que possible – mais à vélo – chez la sommité. Qui me tâte donc l’articulation avec soin et sans la moindre brutalité. Premier constat : je ne ressens aucune douleur à la palpation. A part une espèce de gène sur la partie externe de la rotule. J’entends :  « Votre genou est sec. Je n’ai pas l’impression que vous souffriez d’un syndrome de balayage. Une fracture de fatigue peut-être. »

– Mais c’est deux mois de repos ça.

– Plutôt trois.

– Mais je dois courir un marathon aux Etats-Unis dans dix jours.

Regard en coin du médecin. Qui conclue ma visite par un sinistre : « Pour vérifier, on va faire une IRM. »

Pas question de perdre de temps. Je pédale rue Bachaumont, dans le centre de Paris et attend pendant deux heures avant de passer dans le tube. Sur l’ordonnance adressée à la responsable du centre d’imagerie magnétique, mon toubib a pris soin d’ajouter après mon nom : ‘coureur ++++’. Je conclus que je suis un runner quatre étoiles et que ce n’est pas franchement une bonne nouvelle. Pour mon genou en tout cas.

« Vous connaissant, je sais ce que vous allez faire. De toute façon, vous ne prenez pas de vrai risque. A part celui d’avoir mal. Et d’abandonner. »

La doctoresse de Bachaumont est très sympathique. Je lui dit, avant même qu’elle ne puisse ouvrir la bouche :  « Je me fais beaucoup de souci vous savez… » Sa réponse est souriante : « Oh, mais il n’y a pas de quoi vous inquiéter. Globalement, ça va. Votre articulation est bien gainée… » Elle sort tout de même une espèce de gros marqueur vert et se tourne vers les clichés pris lors de l’examen. « Il y a des zones d’inflammation. Vous voyez ici, cette tâche prouve l’existence d’un œdème sur le versent externe de la rotule. Et puis, là, il y a une petite ulcération du cartilage et puis, mais vous le savez sans doute, des signes de syndrome de l’essuie-glace. »

Toujours volubile, elle me donne des détails que je m’empresse d’oublier. Un seul point m’importe : quand pourrais-je recourir sans douleur ?  « Ça, ce n’est pas à moi de le dire, répond-elle toujours espiègle. Je pense que des soins kinés faciliteront les choses. Voyez avec votre médecin. » Il faudra un peu plus de 24h pour obtenir des éclaircissements. Le toubib du genou est saturé de rendez-vous. « C’est le retour des vacances de ski », m’explique sa secrétaire irritée par mon impatience.

La voix est calme. Le médecin découvre les clichés de l’IRM envoyés par mail en même temps qu’il me parle. « Oui, ah oui ! Ça souffre tout de même. »

– Alors, combien de temps ?

– Deux ou trois semaines. C’est quand votre marathon américain ?

– Dans neuf jours. Je fais quoi : je glace, je porte des patchs d’anti-inflammatoires la nuit ?

– Oui, tout ça c’est bien.

– J’y vais ?

– Vous connaissant, je sais ce que vous allez faire. De toute façon, vous ne prenez pas de vrai risque. A part celui d’avoir mal. Et d’abandonner.

En raccrochant, je range le compte-rendu de l’IRM et sors le mail de confirmation imprimé la veille. Vol Air France vol AF084. Paris – San Francisco. J’avais pris l’assurance annulation. Je ne vais pas la faire jouer. Je pars en Californie…

Pascal Silvestre

Santé

Commentaires

  1. July Mendel Dutartre dit

    27 avril 2011 à 6 h 35 min

    To run or not to run?

    Répondre
  2. Pascal Rousseau dit

    27 avril 2011 à 6 h 43 min

    ah la la! quand on est aco, on est accro! mais j'aurais fait la même chose! un tel voyage demande une planification dpuis plusieurs mois et difficile de tout abandonner!

    Répondre
  3. Karim Raou dit

    27 avril 2011 à 8 h 46 min

    Bien plus raisonnable , repos , et profite de la Californie pays que j aime vraiment.

    Répondre
  4. Virginie Grall dit

    27 avril 2011 à 8 h 51 min

    même si tu abandonnes sur blessure, la Californie ça vaut le coup de se déplacer 🙂

    Répondre
  5. Nicolas Hognon dit

    27 avril 2011 à 9 h 35 min

    même les sportifs du dimanche ce font mal au genou …. je suis pas le seul .. mais moi ça doit être pas grand chose (pour l'instant) et c'est sur un vélo …

    Répondre
  6. Nicolas Hognon dit

    27 avril 2011 à 11 h 32 min

    ouais maintenant pour faire du vélo faut avoir une bonne position sinon on se fait mal …. ou va le monde 🙁

    Répondre
  7. Vincent Miel dit

    27 avril 2011 à 11 h 39 min

    en fait, je crois bien que j'aime bien m'abimer les genoux…

    Répondre
  8. Jean-louis Valderrama dit

    27 avril 2011 à 16 h 35 min

    Normal , c est pas raisonnable ça tssss

    Répondre
  9. Silvia Bounette Laj dit

    1 mai 2011 à 19 h 28 min

    Je compatis!

    Répondre
  10. Rene dit

    6 avril 2017 à 10 h 02 min

    MA conjointe est dans la même situation. Comment s’est passé le marathon de votre côté ?

    Répondre

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